Спектакль "Лорецаччо", оригинальная версия

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nouvelle? Mon ami, on texcommunie en latin et sire Maurice tappelle un homme

dangereux, le cardinal aussi; quant au bon Valori, il est trop honnкte homme

pour prononcer ton nom.

LORENZO

        Pour qui dangereux, Eminence? pour les filles de joie, ou pour les saints

du paradis?

LE CARDINAL

        Les chiens de Cour peuvent кtre pris de la rage comme les autres chiens.

LORENZO

        Une insulte de prкtre doit se faire en latin.

SIRE MAURICE

        Il sen fait en toscan, auxquelles on peut rйpondre.

LORENZO

        Sire Maurice, je ne vous voyais pas; excusez-moi, javais le soleil dans

les yeux; mais vous avez un bon visage, et votre habit me paraоt tout neuf.

SIRE MAURICE

        Comme votre esprit; je lai fait faire dun vieux pourpoint de mon

grand-pиre.

LORENZO

        Cousin, quand vous aurez assez de quelque conquкte des faubourgs,

envoyez-la donc chez sire Maurice. Il est malsain de vivre sans femme, pour un

homme qui a, comme lui, le cou court et les mains velues.

SIRE MAURICE

        Celui qui se croit le droit de plaisanter doit savoir se dйfendre. A votre

place, je prendrais une йpйe.

LORENZO

        Si lon vous a dit que jйtais un soldat, cest une erreur; je suis un

pauvre amant de la science.

SIRE MAURICE

        Votre esprit est une йpйe acйrйe, mais flexible. Cest une arme trop vile;

chacun fait usage des siennes.

        Il tire son йpйe.

VALORI

        Devant le duc, lйpйe nue!

LE DUC, riant.

        Laissez faire, laissez faire. Allons, Renzo, je veux te servir de tйmoin;

quon lui donne une йpйe!

LORENZO

        Monseigneur, que dites-vous lа?

LE DUC

        Eh bien! ta gaietй sйvanouit si vite? Tu trembles, cousin? Fi donc! tu

fais honte au nom des Mйdicis. Je ne suis quun bвtard, et je le porterais mieux

que toi, qui es lйgitime? Une йpйe, une йpйe! un Mйdicis ne se laisse point

provoquer ainsi. Pages, montez ici; toute la Cour le verra, et je voudrais que

Florence entiиre y fыt.

LORENZO

        Son Altesse se rit de moi.

LE DUC

        Jai ri tout а lheure, mais maintenant je rougis de honte. Une йpйe!

        Il prend lйpйe dun page et la prйsente а Lorenzo.

VALORI

        Monseigneur, cest pousser trop loin les choses. Une йpйe tirйe en prйsence

de Votre Altesse est un crime punissable dans lintйrieur du palais.

LE DUC

        Qui parle ici, quand je parle?

VALORI

        Votre Altesse ne peut avoir eu dautre dessein que celui de sйgayer un

instant, et sire Maurice lui-mкme na point agi dans une autre pensйe.

LE DUC

        Et vous ne voyez pas que je plaisante encore? Qui diable pense ici а une

affaire sйrieuse? Regardez Renzo, je vous en prie: ses genoux tremblent; il

serait devenu pвle, sil pouvait le devenir. Quelle contenance, juste Dieu! Je

crois quil va tomber.

        Lorenzo chancelle; il sappuie sur la balustrade et glisse а terre tout

dun coup.

LE DUC, riant aux йclats.

        Quand je vous le disais! personne ne le sait mieux que moi; la seule vue

dune йpйe le fait trouver mal. Allons, chиre Lorenzetta, fais-toi emporter chez

ta mиre.

        Les pages relиvent Lorenzo.

SIRE MAURICE

        Double poltron! fils de catin!

LE DUC

        Silence, sire Maurice; pesez vos paroles, cest moi qui vous le dis

maintenant; pas de ces mots-lа devant moi.

        Sire Maurice sort.

VALORI

        Pauvre jeune homme!

LE CARDINAL, restй seul avec le duc.

        Vous croyez а cela, Monseigneur?

LE DUC

        Je voudrais bien savoir comment je ny croirais pas.

LE CARDINAL

        Hum! cest bien fort.

LE DUC

        Cest justement pour cela que jy crois. Vous figurez-vous quun Mйdicis se

dйshonore publiquement, par partie de plaisir? Dailleurs ce nest pas la

premiиre fois que cela lui arrive; jamais il na pu voir une йpйe.

LE CARDINAL

        Cest bien fort! cest bien fort!

        Ils sortent.

ACTE I, SCENE V

Devant lйglise de Saint-Miniato, а Montolivet. - La foule sort de lйglise. UNE FEMME, а sa voisine.

        Retournez-vous ce soir а Florence?

LA VOISINE

        Je ne reste jamais plus dune heure ici, et je ny viens jamais quun seul

vendredi; je ne suis pas assez riche pour marrкter а la foire. Ce nest pour

moi quune affaire de dйvotion (Note 2), et que cela suffise pour mon salut,

cest tout ce quil me faut.

UNE DAME DE LA COUR, а une autre.

        Comme il a bien prкchй! cest le confesseur de ma fille.

        Elle sapproche dune boutique.

        Blanc et or, cela fait bien le soir; mais le jour, le moyen dкtre propre

avec cela?

        Le marchand et lorfиvre devant leurs boutiques, avec quelques cavaliers.

LORFEVRE

        La citadelle! voilа ce que le peuple ne souffrira jamais. Voir tout dun

coup sйlever sur la ville cette nouvelle tour de Babel, au milieu du plus

maudit baragouin; les Allemands ne pousseront jamais а Florence, et pour les y

greffer, il faudra un vigoureux lien.

LE MARCHAND

        Voyez, Mesdames; que Vos Seigneuries acceptent un tabouret sous mon auvent.

UN CAVALIER

        Tu es du vieux sang florentin, pиre Mondella; la haine de la tyrannie fait

encore

 
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