Спектакль "Лорецаччо", оригинальная версия

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          ALFRED DE MUSSET

          (1810 - 1857)

          LORENZACCIO

          DRAME EN CINQ ACTES

          (1834)

          Daprиs lйdition Charpentier (1884) des Oeuvres complиtes, tome IV.

          Exemplaire B.P.U. Tp 3232.

            Une premiиre version numйrisйe de ce drame avait йtй envoyйe а ATHENA par

  Monsieur Pierre Jeanson, auquel nous faisons part de notre reconnaissance.

  Toutefois, nous avons choisi de retenir une йdition provenant dun ouvrage

  conservй а la B.P.U. de Genиve. Madame Orsolya Lцkkцs-Toth, professeure, que

  nous remercions vivement, a effectuй lexamen comparatif et les corrections.

            Voir aussi Lorenzaccio: йdition avec table.

PERSONNAGES

          ALEXANDRE DE MEDICIS, duc de Florence.

          LORENZO DE MEDICIS (LORENZACCIO),

          COME DE MEDICIS, }ses cousins.

          LE CARDINAL CIBO.

          LE MARQUIS DE CIBO, son frиre.

          SIRE MAURICE, chancelier des Huit.

          LE CARDINAL BACCIO VALORI, commissaire apostolique.

          JULIEN SALVIATI.

          PHILIPPE STROZZI.

          PIERRE STROZZI,

          THOMAS STROZZI,

          LEON STROZZI, prieur de Capoue,}ses fils.

          ROBERTO CORSINI, provйditeur de la forteresse.

          PALLA RUCCELLAI,

          ALAMANNO SALVIATI,

          FRANCOIS PAZZI,}seigneurs rйpublicains.

          BINDO ALTOVITI, oncle de Lorenzo.

          VENTURI, bourgeois.

          TEBALDEO, peintre.

          SCORONCONCOLO, spadassin.

          LES HUIT

          GIOMO LE HONGROIS, йcuyer du duc.

          MAFFIO, bourgeois.

          MARIE SODERINI, mиre de Lorenzo.

          CATHERINE GINORI, tante de Lorenzo.

          LA MARQUISE DE CIBO.

          LOUISE STROZZI.

          DEUX DAMES DE LA COUR ET UN OFFICIER ALLEMAND.

          UN ORFEVRE, UN MARCHAND, DEUX PRECEPTEURS ET DEUX ENFANTS, PAGES, SOLDATS,

          MOINES, COURTISANS, BANNIS, ECOLIERS, DOMESTIQUES, BOURGEOIS, ETC., ETC.

La scиne est а Florence.

ACTE PREMIER

SCENE PREMIERE

Un jardin. - Clair de lune; un pavillon dans le fond, un autre sur le devant. Entrent LE DUC et LORENZO, couverts de leurs manteaux; GIOMO, une lanterne а la main. LE DUC

        Quelle se fasse attendre encore un quart dheure, et je men vais. Il fait

un froid de tous les diables.

LORENZO

        Patience, Altesse, patience.

LE DUC

        Elle devait sortir de chez sa mиre а minuit; il est minuit, et elle ne

vient pourtant pas.

LORENZO

        Si elle ne vient pas, dites que je suis un sot, et que la vieille mиre est

une honnкte femme.

LE DUC

        Entrailles du pape! avec tout cela je suis volй dun millier de ducats.

LORENZO

        Nous navons avancй que moitiй. Je rйponds de la petite. Deux grands yeux

languissants, cela ne trompe pas. Quoi de plus curieux pour le connaisseur que

la dйbauche а la mamelle? Voir dans une enfant de quinze ans la rouйe а venir;

йtudier, ensemencer, infiltrer paternellement le filon mystйrieux du vice dans

un conseil dami, dans une caresse au menton; tout dire et ne rien dire, selon

le caractиre des parents; - habituer doucement limagination qui se dйveloppe а

donner des corps а ses fantфmes, а toucher ce qui leffraye, а mйpriser ce qui

la protиge! Cela va plus vite quon ne pense; le vrai mйrite est de frapper

juste. Et quel trйsor que celle-ci! tout ce qui peut faire passer une nuit

dйlicieuse а Votre Altesse! Tant de pudeur! Une jeune chatte qui veut bien des

confitures, mais qui ne veut pas se salir la patte. Proprette comme une

Flamande! La mйdiocritй bourgeoise en personne. Dailleurs, fille de bonnes

gens, а qui leur peu de fortune na pas permis une йducation solide; point de

fond dans les principes, rien quun lйger vernis; mais quel flot violent dun

fleuve magnifique sous cette couche de glace fragile qui craque а chaque pas!

Jamais arbuste en fleur na produit de fruits plus rares, jamais je nai humй

dans une atmosphиre enfantine plus exquise odeur de courtisanerie.

LE DUC

        Sacrebleu! je ne vois pas le signal. Il faut pourtant que jaille au bal

chez Nasi: cest aujourdhui quil marie sa fille.

GIOMO

        Allons au pavillon, monseigneur; puisquil ne sagit que demporter une

fille qui est а moitiй payйe, nous pouvons bien taper aux carreaux.

LE DUC

        Viens par ici; le Hongrois a raison.

        Ils sйloignent. - Entre Maffio.

MAFFIO

        Il me semblait dans mon rкve voir ma soeur traverser notre jardin tenant

une lanterne sourde, et couverte de pierreries. Je me suis йveillй en sursaut.

Dieu sait que ce nest quune illusion, mais une illusion trop forte pour que le

sommeil ne senfuie pas devant elle. Grвce au ciel, les fenкtres du pavillon oщ

couche la petite sont fermйes comme de coutume; japerзois faiblement la lumiиre

de sa lampe entre les feuilles de notre vieux figuier. Maintenant mes folles

terreurs se dissipent; les battements prйcipitйs de mon coeur font place а une

douce tranquillitй. Insensй! mes yeux se remplissent de larmes, comme si ma

pauvre soeur avait couru un vйritable danger. - Quentends-je? Qui remue lа

entre les branches?

        La soeur de Maffio passe dans lйloignement.

Suis-je

 
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